Bois et IAMGOLD - Mine Westwood, 2024 QCTAT 112
Date de décision: 09/01/2024
Mots-clés: Contracture de Dupuytren à la main droite, Décision favorable au travailleur, Exposition aux vibrations, IAMGOLD – Mine Westwood, Mécanicien soudeur, Méta-analyses, Rapport médical, Syndrome Raynaud aux mains et aux pieds, Syndrome vibratoire
La Commission accepte la réclamation du travailleur à titre de maladie professionnelle survenue le 15 mars 2021, soit le diagnostic de syndrome de Raynaud aux mains et aux pieds. Or, elle ne reconnaît pas la relation entre le nouveau diagnostic de contracture de Dupuytren à la main droite et les facteurs à l’origine de la maladie professionnelle, considérant que les tâches décrites ainsi que les circonstances dans lesquelles elles sont effectuées ne sont pas susceptibles de produire cette condition. Le travailleur conteste cette décision devant le Tribunal et estime que le diagnostic de contracture de Dupuytren à la main droite est en relation avec les vibrations auxquelles il a été exposé dans le cadre de son travail de mécanicien-soudeur.
Le Tribunal doit donc répondre à la question suivante :
- Le diagnostic de contracture de Dupuytren à la main droite est-il en relation avec l’événement du 15 mars 2021?
Le travailleur a occupé un emploi de mécanicien-soudeur dans le domaine minier pendant près de 30 ans. Il explique avoir été exposé plus de 50 % de son temps à différents outils vibrants, notamment des foreuses, des meules rotatives, des outils pneumatiques, des marteaux-piqueurs et des clés à percussion. Il affirme également ne pas avoir d’antécédents familiaux ni de maladie pouvant le prédisposer à développer une contracture de Dupuytren.
La docteure Turcot, considère que l’exposition prolongée du travailleur aux vibrations, combinée à l’utilisation de force et à une forte préhension de certains outils, peut expliquer le développement de la contracture de Dupuytren. Elle souligne également que plusieurs études et méta-analyses établissent une relation entre l’exposition aux vibrations et cette maladie, les travailleurs exposés ayant un risque plus élevé de la développer.
Le Tribunal retient le témoignage de la docteure Turcot ainsi que celui du travailleur et considère que la preuve démontre de façon prépondérante une exposition importante et prolongée aux vibrations. Il conclut que cette exposition est la cause probable de la contracture de Dupuytren à la main droite. Le Tribunal accueille donc la contestation du travailleur, infirme la décision de la Commission et déclare que le nouveau diagnostic de contracture de Dupuytren est en relation avec l’événement du 15 mars 2021. Le travailleur a donc droit aux prestations prévues par la Loi pour ce diagnostic.