Chandonnet et Pompage Élite inc., 2018 QCTAT 4215

Date de décision: 23/08/2018

Mots-clés: Absence de lésion professionnelle, Annexe 1 LATMP, Article 29 LATMP, Article 30 LATMP, Décision défavorable au travailleur, Épicondylite latérale bilatérale, Lésion professionnelle, Maladie professionnelle, Opérateur de pompe à béton, Présomption de l'article 29, Présomption de maladie professionnelle, Renversement de la présomption

Le travailleur, un opérateur de pompe à béton, conteste une décision de la CNESST refusant de reconnaître son épicondylite latérale bilatérale à titre de maladie professionnelle. Le nœud du litige est donc la présence ou non d’une maladie professionnelle.

Le travailleur soutient bénéficier de la présomption de l’article 29 de la LATMP, même si sa maladie n’est pas listé dans la partie IV de l’annexe I de la LATMP. Il soutient également avoir démontré les conditions de l’article 30. L’employeur soutient le contraire.

Le Tribunal adhère au nouveau courant jurisprudentiel minoritaire décrit comme « interprétation moderne des lois » et applique la présomption de l’article 29 pour ce diagnostic. Le travailleur démontre par son témoignage correspondre aux conditions liées à la tendinite dans l’annexe, soit « [avoir] exercé un travail impliquant des répétitions de mouvements ou de pressions sur des périodes de temps prolongées. » En effet, le travailleur devait opérer une télécommande pour le mat de distribution de son camion plusieurs heures par jour de travail, ce qui sollicitait la zone lésée, soit les muscles épicondyliens.

En revanche, le Tribunal considère que l’employeur a réussi à renverser cette présomption, grâce au témoignage de deux médecins, le docteur Bonin, qui a examiné le travailleur, ainsi que le docteur Dancose, qui a assisté au témoignage du travailleur de sorte qu’il a eu l’occasion de l’entendre décrire l’ensemble de ses tâches et de le voir les mimer. Leur témoignage soulève que la symptomatologie du travailleur ne concorde pas avec le fait qu’il soit droitier, que le travailleur bénéficiait de période de récupération suffisante entre les manipulations et que manipuler la manette ne requiert pas suffisamment de force pour être la cause la maladie du travailleur. De plus, les poignets et les coudes du travailleurs ne sont pas maintenus dans une position contraignante et les mouvements effectués ne sont pas amples.

Pour toutes ces  raisons, le tribunal renverse la présomption de l’article 29 étant donnée l’absence des facteurs de risque dans l’emploi du travailleur. Il en va de même pour l’application de l’article 30 : le Tribunal ne dispose pas d’une preuve prépondérante démontrant que les mouvements sont répétitifs, que les postures sont contraignantes ou que les mouvements sont effectués de manière soutenue et sur des périodes de temps prolongées.

Ainsi, en l’absence de l’application des articles 29 et 30, la réclamation du travailleur est rejetée.

Télécharger le document

Résultats connexes

Laporte et Logistec Arrimage inc., 2021 QCTAT 337

Date de décision: 21/01/2021

Mots-clés: Accident de travail, Accident mortel, Article 2 LATMP, Débardeur, Décision favorable au travailleur, Événement imprévu et soudain, Lésion psychologique, SCFP, Stress post-traumatique, Témoin d'un décès au travail, Témoin oculaire

Seney et Seney Électrique inc., 2024 QCTAT 1395

Date de décision: 15/04/2024

Mots-clés: Article 188 LATMP, Article 189 LATMP, Article 194 LATMP, Cannabis, Déchirure du labrum antérieur de type SLAP, Décision favorable au travailleur, Dépression situationnelle, Électricien, Tendinite du pouce

Union des employés et employées de service et Robinson, 2018 QCTAT 4878

Date de décision: 05/10/2018

Mots-clés: Article 2 LATMP, Chauffeur d'autobus, Commotion cérébrale, Contrat de travail, Décision favorable au syndicat, Détermination du véritable employeur, Imputation des coûts, Lésion professionnelle, Libération syndicale, Lien d'emploi, Traumatisme cranio-cérébral léger, UES 800